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25.12.2007
Epices éponymes ?
Gilbert Ducros, fondateur des épices éponymes, est mort samedi à 79 ans.
Libération (24 décembre 2007).
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Ike Turner
READING Ike Turner's own account of his life, you might suppose that things had come a little too easy. Sex, for example. From the age of six he had walked to school in Clarksdale, Mississippi, past the house of a middle-aged lady called Miss Boozie. Each day she would be there in her thin cotton dress, asking him to feed her chickens. Afterwards she would tidy him up, and then take him to bed and teach him the moves. “In those days they didn't call it abuse,” said Mr Turner later, chortling at the memory. “They called it fun!”
Or take cocaine, which Mr Turner did to such effect in the 1970s and 1980s that he reckoned he had spent $11m on his habit. It started with two friends slipping him a wad of paper with about half a gram inside, in Las Vegas in 1960. He put some in his nose more or less out of curiosity, felt nothing, but was then astounded to find that he wanted to stay up all night writing music, and was still lively the next day. In a short time he was ordering it “by the suitcase” and passing it round to his friends.
Or take Tina. She sashayed up to him one night in St Louis in 1957, Anna Mae Bullock as she was then, just 18 with a wild, wide mouth and incredible legs, and took the mike away from him to show how she could sing. Her voice was a powerhouse. Naturally she joined the band. Mr Turner was vague as to whether they ever married exactly. He got some piece of paper from a photographer's booth in Mexico that seemed to make it official, though afterwards he vaguely remembered being married already with two children. Well, he never pretended to be a good father (...)
The Economist (décembre 2007)
(La rubrique "Obituary" de ce journal est un chef-d'oeuvre).
18:40 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21.12.2007
Etc
...ils réclament au minimum l'abrogation de la loi, explique l'un deux, Lilian, en 2ème année de biologie des organismes, mais aussi l'arrêt des rafles de sans-papiers, de la casse du service public, etc.
Véronique Soulé - Libération (20 décembre 2007).
11:28 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
17.12.2007
Le temps des records est compté.
Performance. Des chercheurs se sont penchés sur les limites physiologiques humaines.
L’année 2060 marquera une fin. Tous sports confondus, il n’y aura plus aucun record du monde à battre, car l’homme aura atteint ses limites physiologiques. Il ne s’agit pas là de l’élucubration vengeresse d’un champion déchu, mais de la conclusion d’une étude menée par l’Institut de recherche biomédicale et d’épidémiologie du sport (Irmes), installé dans les locaux de l’Insep, à Vincennes, et dont les premiers résultats ont été présentés à Monaco le 28 novembre, lors de son deuxième congrès scientifique. «Notre hypothèse de départ, c’est qu’il existe un plafond aux limites physiologiques de l’espèce humaine», explique le directeur de l’Irmes, Jean-François Toussaint. L’Irmes a travaillé sur 3 260 records mondiaux établis depuis 1896, date des premiers Jeux olympiques modernes, dans cinq disciplines «quantifiables» : athlétisme, cyclisme, haltérophilie, natation, patinage de vitesse.
Geoffroy Berthelot, ingénieur bio-informaticien de l’Irmes, a établi un modèle statistique pour dresser les courbes d’évolution des records rapportées aux nombres d’épreuves pour chacune des disciplines. «On observe des phases riches en records au début du siècle, durant les années 20 et les années 50-60, et deux grandes phases de ralentissement correspondant aux deux Guerre Mondiales. Des périodes durant lesquelles ni les athlètes ni les sociétés n’ont le temps, les moyens ou l’envie de se consacrer à la compétition», observe Jean-François Toussaint.
Mais depuis 1970 la courbe montre «une diminution inéluctable du nombre de records battus». Cela est d’autant plus étonnant que ces quarante dernières années ont enregistré nombre de progrès techniques (matériels, chronométrages, méthodes d’entraînement et d’alimentation, etc.), ainsi qu’un phénoménal développement du dopage. A propos de ce ralentissement majeur du nombre de records par discipline, Toussaint parle de «début de la fin» : «On est en train de parvenir au bout des capacités physiologiques de l’espèce humaine.» En étudiant les courbes d’évolution, on peut dire qu’en 1896, à l’aube de l’ère olympique, l’homme utilisait 75 % de ses capacités, si on compare les performances aux valeurs plafond (les asymptotes). «Cent onze ans plus tard, à force de sélection et d’optimisation, nous en sommes à 99 %», estime Toussaint.En 2027, pour la moitié des disciplines, la valeur plafond sera atteinte ; et en 2060, «si les conditions de pratique ne varient pas sensiblement, on aura atteint l’asymptote et établi la plupart des records du monde à 99,95 % de leur valeur maximale. Pour les voir battus, il faudra alors mesurer un 100 mètres au millième de seconde, un marathon au centième, ou encore progresser par grammes en haltérophilie… ou attendre cinquante ans !»
Doute. L’exemple le plus frappant de l’«impasse épidémiologique», c’est le 100 mètres féminin en athlétisme. En 1988, l’Américaine Florence Griffith-Joyner (1), dont la morphologie s’est totalement transformée, ne laissant guère de doute sur l’usage de substances dopantes, pulvérise (de 17 centièmes) le record pour le porter à 10"49. Une performance jamais approchée depuis, sauf par Marion Jones qui court en 10"65 en 1998, avec les soupçons qui entachent ses performances depuis ses aveux de dopage. Le record de Griffith-Joyner est, selon le professeur Toussaint, «à jamais inaccessible». L’étude a ausculté les moyennes des chronos des dix meilleures mondiales chaque année. «Depuis 1990, cette moyenne stagne, et même régresse depuis dix ans. C’est la preuve que les comportements ont changé chez elles, sous l’effet conjugué de la lutte antidopage - les femmes sont toujours plus réceptives que les hommes aux messages de prévention - et des limites physiologiques.»
Mais justement, le dopage, qui aurait permis à Griffith-Joyner d’outrepasser les limites naturelles, ne flanque-t-il pas le raisonnement de l’Irmes à terre ? «Le dopage a toujours fait partie du sport. Pour une minorité d’athlètes, il repousse un peu les frontières physiologiques [de 3 % pour Flo-Jo : l’avance de son record, la valeur plafond, de la courbe du 100 m femmes, ndlr], estime Toussaint, mais surtout il accélère le moment où le groupe parvient au plafond. Il est à ce titre improbable qu’un homme, sur ses deux pieds, arrive un jour à courir le 100 m en 9 secondes. Même s’il reste une faible marge de quelques centièmes de seconde sur cette distance.»
Haltérophilie, cyclisme ou patinage de vitesse : la conclusion est identique. «Mais en natation il reste encore une marge de progression, le record du 100 m papillon hommes devrait progresser de manière notable. Le 400 m nage libre de Laure Manaudou ne devrait progresser que de quelques dixièmes de seconde.» La perche féminine est un des rares exemples d’épreuve où il reste un peu plus de chemin à faire. Son asymptote se situe entre 5,15 m et 5,40 m pour un record actuel à 5,01 m, soit encore 3 à 8 % de gain potentiel contre moins de 1 % de progression en moyenne pour les autres épreuves. Il est vrai que c’est une discipline jeune, apparue en 1999 dans une compétition majeure.
Finalité. Toutes les disciplines semblent répondre au même schéma évolutif, note Jean-François Toussaint, même celles qui ne sont pas caractérisées par des records officiels. «La course de patinage des onze villes, sur 200 kilomètres de canaux gelés aux Pays-Bas, les 6 épreuves olympiques à l’aviron, ou la fameuse régate Oxford-Cambridge sur la Tamise dont les résultats sont archivés depuis 1840, dessinent toutes le même type de courbe exponentielle avec asymptote. Il s’agit bien d’une loi biologique universelle.» Pour son auteur, l’étude, qui doit être publiée en intégralité dans une revue scientifique internationale, pose la question de la finalité du sport de haut niveau. «Peut-être faut-il ne plus s’attacher au record, suggère le directeur de l’Irmes, mais plutôt à l’histoire d’une course, à la lutte entre les compétiteurs.»
(1) Soit dix ans avant sa mort brutale.
ÉLIANE PATRIARCA - Libération 17 décembre 2007
20:55 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14.12.2007
Silence.
...un silence à réjouir les morts.
Balzac - Mémoires de deux jeunes mariées.
23:24 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09.12.2007
Lundi
Ce qui me plairait, finalement, ce serait de tenir un blog radar-satellite qui se contenterait de signaler des titres, des numéros de pages, voire une phrase ou deux, cela sans aucun commentaire. Un blog anti-blog, foncièrement hostile au bavardage, mais ultra-attentif aux météores de passage.
M. Crépu - Revue des deux mondes (septembre 2007).
19:01 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07.12.2007
Collage.
...elle condamnait le sort parce que, ne sachant pas que le premier principe du bonheur est en nous, elle demandait aux choses de la vie de lui donner. Le barman mettait dans un mixer des morceaux d'ananas et de la crème, et cela faisait un mélange délicieux. Puis vinrent bientôt des inquiétudes.
(avec la participation involontaire d'Honoré de Balzac et Roger Grenier)
21:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05.12.2007
Espace vital.
Ils abondent dans l’espace, dans les nuages de gaz où naissent les étoiles, dans la traînée lumineuse des comètes, aux abords des planètes. Grossis des milliers de fois, ils ressemblent à ces bonbons de cacahuète enrobée de chocolat : au centre, un noyau de silicate, et tout autour une couche de glace pas plus épaisse qu’un cheveu qui renferme un vrai zoo de molécules. Ce sont là des grains de poussière interstellaire qu’astrophysiciens et chimistes n’en finissent pas d’explorer. Car ce monde de glace infime est suspecté détenir un bout de l’énigme de l’émergence de la vie, une clé de la grande question des origines : comment et où se sont formées les briques du vivant ? Dans la coquille gelée de ces grains perdus dans l’espace, ou au contraire dans l’atmosphère terrestre primitive ? Une expérience publiée récemment dans la revue de référence Physical Review Letters par une équipe du CNRS remet ces poussières interstellaires en vedette en montrant qu’un des composants clés de l’ADN, l’adénine, aurait pu se former dans l’espace.
La question de la formation originelle de l’adénine travaille depuis longtemps tous ceux - astrochimistes, exobiologistes - qui cherchent à reconstituer les premières étapes du vivant. L’adénine est l’une des quatre briques de base de l’ADN avec la guanine, la thymine et la cytosine. Si les chercheurs se sont focalisés sur cette molécule-là, c’est qu’elle est la plus stable des quatre, la plus facile à synthétiser, du moins en laboratoire… Dans l’intimité aqueuse et chaude d’un tube à essai, il suffit en effet de disposer de cinq molécules d’acide cyanhydrique, alias HCN, pour que l’adénine, alias H5C5N5, se constitue spontanément. Cependant, cet assemblage de cinq petits composants nécessite une énergie dont la disponibilité est difficile à imaginer dans l’espace.
Comment l’adénine aurait-elle pu alors se former dans la glace d’un grain interstellaire perdu dans le froid sidéral ? L’équipe de Serge Martin, du laboratoire de spectrométrie ionique et moléculaire de Villeurbanne (CNRS), propose un début de réponse. Elle a découvert que l’adénine a pu se construire de façon plus économique en énergie. Une démonstration faite grâce à un appareil nouveau qui permet de mesurer l’énergie de chaque molécule une par une, alors que jusqu’ici il était uniquement possible de connaître l’énergie moyenne de plusieurs espèces de molécules. Et également grâce à une démarche originale : «Pour comprendre comment se forment des molécules complexes comme l’adénine, nous avons eu l’idée de suivre le chemin inverse de la synthèse : les casser et regarder en quels fragments elles se brisent», raconte Serge Martin.
Un «marteau» constitué d’un faisceau provenant d’un petit accélérateur de particules a donc cassé l’adénine, les morceaux ont été analysés, les énergies en jeu finement mesurées… «L’adénine est connue pour se casser en cinq molécules d’acide cyanhydrique. Avec notre appareil, elle se casse dans 50 % des cas en deux grosses molécules d’H2C2N2 et une petite molécule de HCN. Avec les anciens instruments, cette voie était complètement masquée.» La découverte semble un détail. En réalité, elle est cruciale : fabriquer de l’adénine à partir de trois éléments nécessite bien moins d’énergie et pourrait donc se dérouler dans l’espace.
Cette méthode de synthèse, si elle est confirmée, constituerait une mini révolution dans l’histoire de la recherche sur les débuts de la vie. Celle-ci commence en 1908, lorsque le prix Nobel suédois Svante Arrhenius avance l’idée de la «panspermie» : la vie serait venue de l’espace sous forme de spores et de micro-organismes renfermés dans des météorites. Sa théorie a longtemps le vent en poupe : même le célèbre astronome anglais Fred Hoyle soutient en 1950 que l’espace entre les étoiles contient des grains faits d’amalgames de bactéries et d’algues unicellulaires… Mais en 1953, un jeune chimiste américain réalise une expérience qui marquera les esprits. Stanley Miller recrée, dans un ballon de laboratoire, ce qu’il croit être l’atmosphère primitive de la Terre, c’est-à-dire des vapeurs de méthane. Il y fait circuler un arc électrique pour apporter l’énergie nécessaire et, surprise, parvient à obtenir des molécules organiques, essentiellement des acides aminés, les briques de base des protéines. Dès lors, pour expliquer l’origine de la vie, on évoque la puissance des éclairs ou du rayonnement solaire dans une atmosphère alors dépourvue d’oxygène. L’idée s’impose que les grosses molécules indispensables à la vie se sont formées ici-bas, dans l’atmosphère primitive de la Terre.
Mais cette théorie est bientôt minée par des doutes. D’une part, sur la composition du cocon gazeux de l’atmosphère primitive : «Miller pensait que l’atmosphère primitive était très riche en méthane. Or aujourd’hui, nous savons que le C02 était bien plus abondant que le méthane, explique Louis d’Hendecourt, de l’Institut d’astrophysique spatiale d’Orsay. Et si l’on tente de refaire l’expérience de Miller dans un ballon riche en C02, on n’obtient pas ces résultats.» D’autre part, sur la possibilité de voir des composants de l’ADN se former dans cette atmosphère : des chimistes parviennent, dès les années 60, à synthétiser l’adénine à partir de cinq molécules d’acide cyanhydrique. Cette méthode de synthèse en labo montre que pour obtenir de l’adénine spontanément il faut des concentrations importantes d’acide cyanhydrique, invraisemblables dans l’atmosphère primitive…Ces incertitudes incitent les chercheurs à revisiter le scénario de la formation des molécules de la vie dans l’espace interstellaire. En 1960, John Oro (université de Houston, Etats-Unis) suggère qu’une fraction importante des molécules organiques a pu être fournie par les météorites. Son hypothèse est fondée sur l’analyse de plus en plus précise de ces pierres tombées du ciel. Certaines - appelées «carbonées» - laissent apparaître une foule de molécules complexes, sans toutefois que l’adénine y soit présente distinctement. «Lorsque la comète de Halley est passée au plus près de la Terre, en 1986, la sonde Giotto a récupéré quelques grains cométaires qui ont été analysés in situ et ont montré des fragments de molécules d’adénine, rappelle André Brack, du centre de biophysique moléculaire d’Orléans. Mais nous ne pouvons pas en dire plus. Ces bouts de molécules auraient pu être agencés différemment entre eux…»
En montrant qu’il existe une méthode de synthèse beaucoup moins vorace en énergie, les résultats de l’équipe de Villeurbanne ouvrent la possibilité que l’adénine se soit synthétisée dans l’espace. Certes, la prudence s’impose, comme le rappelle Louis d’Hendecourt : «En laboratoire, nous contrôlons tout, température et pression du milieu, composition chimique précise et étapes de synthèses. Dans l’espace, nous ignorons jusqu’aux petites fluctuations…» L’expérience ouvre une brèche vers un champ riche de spéculations en tout genre : si les molécules complexes de la vie se sont construites dans l’espace, alors tous les recoins de l’univers ont pu recevoir les précieux grains de poussière. Pourvu que certaines conditions environnementales se trouvent rassemblées, ce qui est loin d’être démontré pour l’instant, la vie a pu apparaître et se développer ailleurs que sur la planète Terre. Cette éventualité dévoile un nouvel horizon à la question mythique : sommes-nous seuls dans l’Univers ?
AZAR KHALATBARI, Liberation, mardi 4 décembre 2007
13:38 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


