26.11.2007

L'enfant caché dans l'encrier

Le jour premier de mon arrivée.
Je partir hier de chez moi pour faire les grandes vacances à Pré-en-Pail, mais j'arriver seulement ce jourd'hui car Prè-en-Pail il être très loin. Si je viendre ici au château c'être pour mon papa que je jamais voir depuis que j'être né, mais il pas même être là pour me recevoir. C'être seulement Basile, son trop vieux domestique, qui le faire. Je manger la soupe avec la grimace et après je dormir dans le trop grand lit, et seulement Personne il être avec moi. Personne, c'être lui mon papa, et là je le voir enfin, mais il être seulement en peinture dans le tableau sur le mur, avec son oeil noir qui me suivre toujours. Basile il me dire que l'autre oeil il être noir aussi, mais que je le voir pas à cause du bandeau. J'être si bien triste, seul dans la trop grande chambre, que j'avoir presque la larme dans les yeux, mais je la garder pour moi."

Joël Jouanneau -  L'enfant caché dans l'encrier.

La suite (provisoire) : ici 

25.11.2007

King of Pain

A propos de THE PLEASURES OF THE DAMNED.
Poems, 1951-1993.

by Charles Bukowski.

 

It is hard to quote Bukowski because there are virtually none of those short lyrics with bow ties of closure that are so pleasant for a reviewer to quote. I will excerpt a poem evidently written quite near the end of his life:

it bothers the young most, I think:
an unviolent slow death.
still it makes any man dream;
you wish for an old sailing ship,
the white salt-crusted sail
and the sea shaking out hints of immortality

sea in the nose sea in the hair
sea in the marrow, in the eyes
and yes, there in the chest.
will we miss
the love of a woman or music or food
or the gambol of the great mad muscled
horse, kicking clods and destinies
high and away
in just one moment of the sun coming down?

I am not inclined to make elaborate claims for Bukowski, because there is no one to compare him to, plus or minus. He wrote in the language of his class as surely as Wallace Stevens wrote in the language of his own. This book offers you a fair chance to make up your own mind on this quarrelsome monster. It is ironical that those who man the gates of the canon will rarely if ever make it inside themselves. Bukowski came in a secret back door.

Jim Harrison (New York Times -  25 novembre 2007)

 

22.11.2007

L’écrivain Roger Grenier livre ses souvenirs.

Instantanés de Roger Grenier, Gallimard.

(...)

D’autres fois, il joue son rôle de serviteur de la mémoire littéraire contemporaine. Ces Instantanés seront l’aubaine des biographes futurs de Ionesco (qui déployait des trésors d’ingéniosité pour échapper à la surveillance de sa femme et de ceux qui lui voulaient du bien pour boire de tout son soûl). De Marc Bernard le prix Goncourt malchanceux, lauréat en 1942, qui ne bénéficia guère du prestige du prix à cause du manque de papier. Ou de J.H. Chase, anglais bon teint, qui n’avait jamais vu un gangster ni un colt de sa vie, et qui expliquait le choix de son pseudonyme par de hautes considérations commerciales : « En librairie, les clients regardent les rayons, passent devant le A, hésitent devant le B et commencent à sortir des livres à C. »

Etienne de Montety (Le Figaro Littéraire, 22 novembre 2007)